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TRIBUNAL DES CONFLITS, TC, 1873 - 2023 150 ANS. JOYEUX ANNIVERSAIRE CHER ARRÊT 🎊😊🎊

  • Photo du rĂ©dacteur: Droit mon mĂ©tier
    Droit mon métier
  • 8 fĂ©vr. 2023
  • 3 min de lecture

"NAISSANCE DE LA RESPONSABILITÉ DE L'ÉTAT EN RAISON DOMMAGES CAUSÉS PAR DES SERVICES PUBLICS"


ARRÊT BLANCO , QU'EST-CE ?


L'arrĂȘt Blanco , le Tribunal des conflits consacre Ă  la fois la responsabilitĂ© de l'État Ă  raison des dommages causĂ©s par des services publics et la compĂ©tence de la juridiction administrative pour en connaĂźtre.


Tribunal des conflits - 8 février 1873 ,la compétence du juge administratif pour connaßtre de la responsabilité à raison des dommages causés par des services publics.


Par l'arrĂȘt Blanco , le Tribunal des conflits consacre Ă  la fois la responsabilitĂ© de l'État Ă  raison des dommages causĂ©s par des services publics et la compĂ©tence de la juridiction administrative pour en connaĂźtre.


Une enfant avait Ă©tĂ© renversĂ©e et blessĂ©e par un wagonnet d'une manufacture de tabac, exploitĂ©e en rĂ©gie par l'État. Le pĂšre avait saisi les tribunaux judiciaires pour faire dĂ©clarer l'État civilement responsable du dommage, sur le fondement des articles 1382 Ă  1384 du code civil. Le conflit fut Ă©levĂ© et le Tribunal des conflits attribua la compĂ©tence pour connaĂźtre du litige Ă  la juridiction administrative.


L'arrĂȘt Blanco consacre ainsi la responsabilitĂ© de l'État, mettant fin Ă  une longue tradition d'irresponsabilitĂ©, qui ne trouvait d'exceptions qu'en cas de responsabilitĂ© contractuelle ou d'intervention lĂ©gislative, telle la loi du 28 pluviĂŽse an VIII pour les dommages de travaux publics. Il soumet toutefois cette responsabilitĂ© Ă  un rĂ©gime spĂ©cifique, en considĂ©rant que la responsabilitĂ© qui peut incomber Ă  l'État du fait du service public ne peut ĂȘtre rĂ©gie par les principes qui sont Ă©tablis dans le code civil pour les rapports de particulier Ă  particulier. La nĂ©cessitĂ© d'appliquer un rĂ©gime spĂ©cial, justifiĂ© par les besoins du service public, est ainsi affirmĂ©e. Le corollaire de l'existence de rĂšgles spĂ©ciales rĂ©side dans la compĂ©tence de la juridiction administrative pour connaĂźtre de cette responsabilitĂ©, en application de la loi des 16 et 24 aoĂ»t 1790, qui interdit aux tribunaux judiciaires de "troubler, de quelque maniĂšre que ce soit, les opĂ©rations des corps administratifs". Au-delĂ  mĂȘme de la responsabilitĂ©, l'arrĂȘt reconnaĂźt le service public comme le critĂšre de la compĂ©tence de la juridiction administrative, affirme la spĂ©cificitĂ© des rĂšgles applicables aux services publics et Ă©tablit un lien entre le fond du droit applicable et la compĂ©tence de la juridiction administrative.


Si l'arrĂȘt Blanco est Ă  bien des Ă©gards fondateur du droit administratif, l'Ă©volution ultĂ©rieure de la jurisprudence doit conduire Ă  nuancer les rĂšgles qu'il dĂ©gage en matiĂšre de rĂ©partition des compĂ©tences.


Le service public n'est plus un critÚre absolu de la compétence du juge administratif : en particulier, les litiges relatifs à des services publics industriels et commerciaux relÚvent en principe de la juridiction judiciaire. Or la transformation du service des tabacs et des allumettes en entreprise publique en a fait un service public à caractÚre industriel et commercial, de telle sorte qu'une solution différente serait aujourd'hui appliquée à l'espÚce.


Pour ce qui est des services publics gĂ©rĂ©s par des personnes privĂ©es, il est nĂ©cessaire que le dommage rĂ©sulte Ă  la fois de l'accomplissement d'un service public et de l'exercice d'une prĂ©rogative de puissance publique. Enfin, la loi modifie parfois dans certains domaines la rĂ©partition des compĂ©tences entre les deux ordres de juridiction, telle la loi du 31 dĂ©cembre 1957 transfĂ©rant aux tribunaux judiciaires le contentieux des dommages de toute nature causĂ©s par des vĂ©hicules, au nombre desquels devrait ĂȘtre comptĂ© le wagonnet de l'affaire Blanco .


Le droit de la responsabilitĂ© administrative, depuis l'arrĂȘt Blanco , s'est construit sur un fondement essentiellement jurisprudentiel, de façon autonome par rapport au droit civil. Il ne s'ensuit toutefois pas que les solutions dĂ©gagĂ©es par le juge administratif soient radicalement diffĂ©rentes de celles dĂ©gagĂ©es par le juge judiciaire, ni que le code civil ou les principes dont il s'inspire ne s'appliquent jamais Ă  la responsabilitĂ© administrative, comme le montre la responsabilitĂ© dĂ©cennale des constructeurs.


Et si la principale spĂ©cificitĂ© du droit administratif rĂ©sidait au dĂ©part dans l'absence de caractĂšre gĂ©nĂ©ral et absolu de la responsabilitĂ© de l'État, celle-ci a Ă©tĂ© reconnue de plus en plus largement, y compris en l'absence de faute, que ce soit sur le terrain du risque ou sur celui de la rupture d'Ă©galitĂ© devant les charges publiques.


áŽ·áŽŹáŽĄáŸá† ᎠᎬ ᏙώÍČᎡᎬ ᏞᎬᏟÍČႼᎡᎬ áŽȘᏆΝՏᏆ Ï˜á‚źáŽŹ ᎠᎬ ᏱáŽȘᎡÍČáŽȘᏀᎬᎡ ᏞáŽȘ ᏱႼᏮᏞᏆᏟáŽȘÍČᏆώΝ

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Faites-le savoir autour de vous ↗

🛑 Source: Tribunal des conflits

- 8 fĂ©vrier 1873 1er supplt - Rec. Lebon P .61.🛑

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